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art abstrait ancestral

Mbuti - pygmy - tapa  - pongo

Les Pygmées Mbuti vivent dans la forêt d'Ituri qui se trouve au nord-est de la République démocratique du Congo. Survivants d'une race ancienne autrefois dispersée sur le continent africain, les Mbuti vivent maintenant en petits groupes épars, allant de 15 à 60 personnes, voyageant d’un camp à l’autre à la recherche d’abris et de nourriture. La forêt, apparemment inhospitalière pour les étrangers, offre une protection naturelle aux Pygmées. Pour les Mbuti, la forêt est sacrée. C'est la source de leur existence - leur dieu, leur parent et leur sanctuaire. Armés de lances, d'arcs et de flèches, ainsi que de filets de chasse, ils partent en quête de gibier, suivant les pistes sinueuses des antilopes. Ils font parfois commerce d’une partie de ce gibier avec les bantous, des agriculteurs vivant sur des plantations en dehors de la forêt, en échange de métal pour les armes. Hommes et femmes participent à la cueillette de baies, de champignons, de noix, d’herbes et de fruits, ainsi qu’à la récolte de leur denrée la plus précieuse, le miel.

 

Les peintures du tissu d’écorce des Mbuti conceptualisent leur monde; elles sont des expressions abstraites des humeurs et caractéristiques de la forêt. Les peintures témoignent de leur manière de percevoir la forêt en tant que noyau spirituel et symbolique de leur culture. Les artistes combinent divers motifs biomorphiques (papillons, oiseaux, taches de léopard,... ) avec des motifs géométriques, qui donnent une impression des mouvements, des sons et des formes du paysage forestier: la lumière filtrant à travers le feuillage des arbres, les insectes bourdonnants, les fourmilières, les plantes grimpantes enchevêtrées. Les quadrillages hachurés, symbolisant peut-être la texture de la peau des reptiles, sont des représentations sommaires pour les tortues, les crocodiles ou les serpents. Les «silences» visuels ou les vides dans les motifs sont particulièrement appréciés, en accord avec les concepts Mbuti du son et du silence. Le silence dans la pensée de Mbuti n'implique pas le manque de son - car la forêt est toujours «en train de parler» - mais le calme (ekimi), l'absence de bruit. Le bruit (akami) est un conflit. Le son possède des propriétés spirituelles et magiques.

Peuple semi-nomade, les Mbuti produisent de l’artisanat facile à transporter. De ce fait, ce qui habillent et parent leurs corps occupe une place centrale. Le tissu d'écorce est traditionnellement à la base de l'habillement des Pygmées. Il est porté de plusieurs façons: enveloppé autour de la taille, ou parfois passé entre les jambes et maintenu en place par une ceinture de vignes tressées. Les grandes pièces sont faites par les femmes pour accueillir leurs enfants nouveau-nés. Les arbres étant considérés comme sacrés, l'écorce est supposée avoir un pouvoir protecteur. Le tissu est préparé à partir de certaines espèces de plantes grimpantes. Tout d'abord, l'écorce intérieure d'environ six espèces différentes d'arbres (desquels dépendent la couleur de fond blanche, brun roux ou marron) est prélevée, puis battue à plat avec une défense d'éléphant ou un maillet en bois. Ce procédé, accompli par des hommes, donne une toile fibreuse et souple. C'est, ensuite,  la tâche des femmes d'assouplir le matériel avec de l'eau ou du lait maternel, puis de dessiner sur le tissu avec le doigt ou une brindille, généralement en noir ou en rouge. Le rouge est dérivé de l'écorce nkula et le noir est produit à partir de la plante gardenia, kangay. Ce processus élaboré de préparation et de peinture du tissu d’écorce est une activité sociale que les Mbuti apprennent dès leur plus jeune âge

 

Cet art véritablement primitif est un vestige important de ce peuple en passe de disparaître.

 Une collection exceptionnelle de Pongo collectée sur le terrain par Mr.Quersin(1927-1992).

Benoît Quersin a été l'un des bassistes les plus influents de la scène jazz belge dans l'ère post-bop.

Il a joué et enregistré avec de nombreux solistes américains, tels que Chet Baker, Lucky Thompson, Zoot Sims, Lee Konitz, Blossom Dearie, etc ...

Il était également actif sur la scène du jazz français et européen en général. Il est resté à Paris dans les années cinquante, jouant avec a.o. Barney Wilen, Henri Renaud, Jimmy Gourley, René Urtreger, Sacha Distel, Martial Solal, etc.

Il était souvent associé à René Thomas, Bobby Jaspar, Francy Boland, Daniel Humair, Léo Souris, Jacques Pelzer, Jack Sels, etc.

Il apparaît sur de nombreux albums, principalement jusqu'à la fin des années soixante.

Ensuite, il a brièvement été le manager d'un club à Bruxelles, le Blue Note.

Il a également fait des émissions de radio de jazz sur la radio belge RTB.

Il a passé les dernières années de sa vie en Afrique (en Zaïre principalement) en faisant de la recherche en ethno-musicologue et en enregistrant des heures de musique, dont certaines ont été diffusées sur plusieurs albums.



Text Source:

  • Vanessa Drake Moraga. Exhibition texts for "In An Eternity of Forest: Paintings by Mbuti Women"  BAMPFA, Berkeley CA  1996.

 

Adapted from:

  • Mbuti design: paintings by Pygmy women of the Ituri forest”, by G.Meurant, R.F.Thompson – 1996

  • Tapa Mbuti. Antropologia dell’astratto”, by M.Meschiari, Archivio Antropologico Mediterraneo, anno X / XI (2007-2008), n. 10/11

  • Pygmy drawing: A collection of rare drawings on barck cloth by the Mbuti Pygmies of the Ituri Forest of Zaire”, by l. Einfeld

  • amazigh.it

Banner photo credit : mattiapassarini.com